Jazz contre-attaque : “C’est totalement notre droit de rentrer en Europe” – l’influenceuse répond aux critiques sur les Français de Dubaï

Depuis le samedi 28 février 2026, Dubaï vit sous tension. Les frappes opposant les États-Unis et Israël à l’Iran ont transformé la cité-état du Golfe en une zone de crise, avec son lot de fermeture de l’espace aérien, de missiles interceptés et d’angoisses pour les milliers de Français présents sur place.
Parmi eux, des célébrités en vacances comme BigFlo et Oli, ou Agathe Auproux, mais aussi des résidents de longue date : Nabilla, Caroline Receveur, Maeva Ghennam et Jazz. Cette dernière, installée à Dubaï depuis plusieurs années avec son mari, Laurent Correia, a assisté, avec une stupéfaction grandissante, à ce qu’elle considère comme un déchaînement médiatique contre les Français de l’émirat.
Ce mercredi 4 mars 2026, Jazz a décidé de rompre le silence. Sur ses réseaux sociaux, elle a poussé un coup de gueule retentissant contre les médias français et, plus largement, contre ceux qui s’acharnent sur les ressortissants bloqués. Son message, à la fois personnel et politique, pose une question fondamentale : dans une situation de crise, les Français de l’étranger ont-ils le droit d’être considérés comme des citoyens à part entière, ou restent-ils des “expatriés de luxe” indignes de compassion ?
La situation à Dubaï : entre contrôle et inquiétude
Avant d’en venir à la charge de Jazz, il est essentiel de comprendre le contexte dans lequel elle intervient. Depuis le 28 février, Dubaï vit au rythme des alertes et des annonces officielles.
Un bilan humain et matériel : Les frappes ont fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés sur le territoire émirati. L’aéroport international de Dubaï, l’un des plus fréquentés au monde, a été touché, tout comme le prestigieux hôtel Fairmont The Palm. L’espace aérien reste fermé, clouant au sol des milliers de voyageurs.
Une gestion locale efficace : Jazz le reconnaît elle-même dans sa prise de parole : “La situation est sous contrôle. Dubaï gère très bien.” Les autorités émiraties ont rapidement mis en place des mesures de sécurité, invitant la population à rester chez elle et à suivre l’évolution de la crise en temps réel.
Une communauté française sous pression : Environ 340 000 ressortissants français vivent ou séjournent actuellement à Dubaï. Médecins, ingénieurs, entrepreneurs, retraités, mais aussi quelques influenceurs. Tous partagent la même incertitude et, pour beaucoup, la même angoisse face à des événements qui les dépassent.
Le coup de gueule de Jazz : “Arrêtez ce bordel !”
Un message ciblé contre les médias français
C’est sur un ton inhabituellement sec que Jazz a ouvert son message ce mercredi. Visiblement excédée par le traitement médiatique de la situation, elle s’adresse directement aux journalistes et aux plateaux de télévision :
“Message aux médias français et aux plateaux TV, aux gens en France : Pouvez-vous arrêter de tourner le malheur qui se passe ici dans le Golfe autour des influenceurs, les impôts ou la raison pour laquelle on est là ?”
Ce qu’elle dénonce, c’est la tendance des médias à focaliser leur attention sur une poignée de personnalités – les fameux “influenceurs de Dubaï” – plutôt que sur la réalité de la communauté française dans son ensemble. Pour elle, cette focalisation est non seulement injuste, mais elle détourne l’attention du véritable enjeu : la sécurité de 340 000 personnes.
Le droit fondamental de rentrer dans son pays
Le cœur de l’argumentation de Jazz repose sur un principe simple : celui selon lequel tout citoyen français a le droit de demander protection à son pays, où qu’il se trouve dans le monde.
“Pour ma part j’ai un passeport français, j’ai un passeport anglais, mon mari n’a qu’un passeport portugais. Si demain on se sent en insécurité, c’est totalement notre droit de rentrer en Europe.”
Cette affirmation peut sembler évidente. Pourtant, dans le contexte actuel, elle est loin d’être partagée par tous. Certains commentateurs, sur les réseaux sociaux comme dans les médias, estiment que les Français installés à Dubaï “ont choisi” de vivre là-bas et doivent assumer leur choix, y compris en période de crise.
Jazz balaie cet argument d’un revers de main. Pour elle, la nationalité n’est pas une carte de fidélité qu’on utilise quand ça nous arrange. C’est un droit inaliénable qui s’exerce pleinement dans les moments difficiles.
La défense des 340 000 oubliés
“C’est 340 000 personnes qui vivent ici dont 20 influenceurs, qui existent aussi et vivent quelque chose de compliqué.”
Ce chiffre, Jazz le répète comme un mantra. 340 000 Français. Derrière ce nombre, il y a des familles, des enfants, des travailleurs, des retraités. Des gens qui ont construit leur vie à Dubaï, qui paient leurs impôts (contrairement à une idée reçue tenace), qui participent à l’économie locale et qui, aujourd’hui, ont peur.
“Il y a beaucoup de gens qui sont stressés, beaucoup d’enfants qui sont inquiets. La situation est gérée, mais c’est quand même impressionnant d’entendre ce genre de choses au-dessus de chez soi.”
Pourquoi cette colère ? Le contexte d’une frustration accumulée
Des années de critiques contre les “expatriés de luxe”
Pour comprendre l’émotion de Jazz, il faut remonter plusieurs années en arrière. Depuis que Dubaï est devenue une destination prisée des célébrités et des influenceurs français, la communauté expatriée est régulièrement la cible de critiques.
On leur reproche :
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De fuir le système fiscal français
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De mener une vie de luxe déconnectée des réalités
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De faire la promotion d’un modèle consumériste et superficiel
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D’oublier leurs racines françaises
Ces critiques, souvent virulentes sur les réseaux sociaux, ont créé un fossé entre la “France de l’intérieur” et la “France de l’extérieur”. Un fossé que la crise actuelle n’a fait qu’aggraver.
La couverture médiatique comme déclencheur
Lorsque les premières frappes ont touché Dubaï, les médias français se sont naturellement tournés vers les personnalités présentes sur place. Les stories Instagram de Nabilla, Agathe Auproux ou Maeva Ghennam sont devenues des sources d’information pour des milliers de personnes.
Mais très vite, le traitement médiatique a pris une tournure que Jazz juge malsaine. Plutôt que de s’intéresser à la situation globale des Français de Dubaï, les plateaux télé ont continué de se focaliser sur les influenceurs, les présentant parfois comme des victimes “de luxe” indignes de compassion.
“C’est un biais complètement déformé”, estime Jazz. “On réduit 340 000 personnes à 20 figures médiatiques. Les autres, ceux qui ne font pas la une des magazines, n’existent-ils pas ? Leur peur ne compte pas ?”



